Introduction

A la suite du projet Corps en mouvement réalisé sur l’année scolaire 2017-2018 dans le cadre du P.E.C.L. de la Communauté de communes du Pays de Mauriac, L’I.M.E. les Escloses et la médiathèque du Pays de Mauriac ont décidé de poursuivre leur collaboration dans un nouveau projet créatif. Accompagné par Thomas Bidault, graphiste et illustrateur, le collectif  a choisi de poursuivre ses expérimentations dans le domaine du récit visuel en apportant cette fois une dimension interactive. Le projet de création de jeu vidéo voit alors le jour avec le soutien de la D.R.A.C. Auvergne-Rhône-Alpes.

Un projet artistique

Cette expérience n’est pas seulement un atelier d’initiation à la programmation mais avant tout une recherche dans la création artistique. Le point de départ est la création d’un univers à partir d’échantillon de papier peint. A partir de cette contrainte, l’ensemble des participants va travailler à la construction d’un récit où tous les éléments seront à inventer.

Histoire du jeu vidéo animée par Thomas. Une phase de découverte des anciens jeux vidéos sur émulateur. Découverte des principes de la programmation.

Une expérience pédagogique

Cette approche créative du jeu vidéo va permettre aux participants de découvrir plusieurs domaines d’activités. Après avoir abordé l’histoire du jeu vidéo, les jeunes vont travailler sur la méthodologie de production. Dans un premier temps, ils vont réaliser la phase d’écriture, inventant univers, personnages et actions. Dans un second temps, place au papier, crayons et matériaux pour produire l’ensemble des éléments . Enfin, les réalisation sont assembler dans un logiciel de programmation pour produire le jeu.

Après la phase de conception, les jeunes débutent le travail de réalisation des personnages et des décors du jeu. Les éléments sont réalisés en papier peint à partir des esquisses produites lors des précédents ateliers.

Déroulement du projet

Les ateliers du projet se sont déroulés du 19 septembre au 5 décembre à l’I.M.E. Les Escloses les jeudi matin de 9h00 à 12h00 en périodes scolaires. Les séances ont été réparties pour les 4 classes participantes dans 3 groupes de travail. Chaque groupe a développé son propre niveau de jeu en cohérence avec le plan de réalisation développé lors de la préparation par 1 groupe. Pour plusieurs ateliers, le groupe a été fractionné en 2 parties : production des éléments du jeu ou initiation à la programmation.

La frise écran donne aux jeunes une vision transversale du jeu. La réalisation des différents tableaux est répartie entre les 3 groupes.

Pourquoi le jeu vidéo

Depuis toujours raconter des histoire a été au cœur des tribus, rassemblements, villages, pays humains, toute taille confondu. Peut-être y trouvons nous des sens, un imaginaire commun, une direction ou la condition de nos actions.
Dire que, raconter des histoires est uniquement positif et qu’en tout moment cela est nécessaire serait faux. Ne dit-on pas que l’Histoire est écrite par les vainqueurs ?  Elle même est subjective aux peuples, l’Histoire, la grande, appartient aussi au récit.

On remarque aussi que raconter, décrire, transmettre notre perception de la réalité pour qu’elle devienne récit semble être le privilège d’homo sapiens sapiens. L’histoire, le récit n’est possible que s’il y a langage, écrit, et transmission. Le récit de nos origines a même prit une tournure existentielle et mystique dans beaucoup de parties du monde. Nous sortant, nous humains, de notre condition animale.  En effet, nos récits n’ont rencontré aucune contre proposition de récit de la part du monde non-humain, animal et végétal. Animaux et végétaux, ces taiseux oubliés subissent nos récits, devenus ayants droits autoproclamés (pas dans toutes les histoires, heureusement !).

Raconter des histoires offre une vision commune pour rassembler, mais peut construire aussi des systèmes de morales, de valeurs qui se greffent sur la réalité comme un filtre et la transforme pour en extraire un sens arbitraire. Un sens qui nous convient, qui sert une cause, à un moment. La réalité reste toujours un récit, une interprétation.

L’épopée de Gilgamesh, les mythes égyptiens, précolombiens, africains, grecques, amérindiens, asiatiques…
L’histoire familiale de chacun, les anecdotes des nos grands parents, l’histoire de leur rencontre. En passant par toutes ces fresques imaginaires plus proches de nous, Le Seigneur des Anneaux, Star Wars …

Aujourd’hui encore, raconter reste une manière d’emmener un spectateur dans une vision singulière. Raconter est au centre de nos vies quotidiennes, chacun se raconte en instantané avec internet et ses fameux réseaux sociaux. Les hommes et femmes politiques construisent un récit national pour rassembler sous leurs couleurs, notre temps de loisir est inondé de séries, jeux vidéo, films, livres, BD… Racontant encore des histoires.
Notre mémoire elle même se recompose alors que nous sommes persuadés de raconter quelque chose de factuel, nous nous racontons notre vie.

Le jeu vidéo est un support incroyable pour vivre une expérience dans une histoire, dans un univers créés. L’expérience est d’autant plus saisissante qu’elle intègre la notion de rôle, nous jouons en direct un avatar dans une réalité entièrement reconstruite.

Pour raconter, pour construire un récit, il est nécessaire d’établir des bases, une structure compréhensible avec un début et une fin. On utilise toujours la même trame :
Situation initiale > Élément perturbateur > Péripéties > Situation finale

Le jeu lui, est si polymorphe qu’il peut s’extraire un peu de cette structure. En effet, jouer à un jeu d’échec, ou de go, comporte en soi cette structure, si on prend du recul, mais n’est pas vécu ainsi par les utilisateurs. Il s’agit d’une suite de stratégies incluent dans une forme (modalité de mouvement, plateau) avec des règles et des limites. Mais à aucun moment les phases “Situation initiale > Élément perturbateur >…” ne sont clairement marquées.

Le projet proposé ici est un jeu vidéo, divisé en 3 mini jeux réalisés par 3 groupes de l’I.M.E. de Mauriac.  Ces jeux n’ont pas en soi la structure narrative. Ils ont cependant un lien entre eux et un début de construction de trame narrative.

Thomas Bidault, graphiste et illustrateur

Une bande son originale

Tous les joueurs pourront le dire : Il n’y a pas de bon jeu sans une bonne bande son. C’est le groupe clermontois KAFKA, en résidence sur le territoire pour une semaine complète, qui a pris en charge la production sonore du projet. Pendant cette résidence, les musiciens ont également proposé une master classe avec les jeunes de l’école de musique du Nord cantal. Une vingtaine de jeunes ont ainsi travaillé pendant une journée sur des morceaux du groupe. Pour finir cette résidence en beauté, tous les participants se sont retrouvé pour le BD concert “La longue marche des éléphants” et ont présenté au public le travail réalisé au cours de ces quelques jours.

Manu, Rémi et guillaume ont réalisé la bande sonore du jeu à partir de leur studio M.A.O. Les 8 morceaux, correspondants aux différents niveaux du jeu, ainsi que les bruitages ont été réalisés en 3 jours, apportant une nouvelle dimension au jeu.

Manu, Rémi et guillaume du groupe KAFKA ont réalisé la bande sonore du jeu à partir de leur studio M.A.O. Les 8 morceaux, correspondants aux différents niveaux du jeu, ainsi que les bruitages ont été réalisés en 3 jours, apportant une nouvelle dimension au jeu.

Pour en savoir plus sur KAFKA

Une exposition

Suite à la réalisation de notre expérimentation autour du  jeu vidéo, le groupe a souhaité mettre en lumière la démarche de ce projet. Il nous semblait important de valoriser l’ensemble des productions graphiques réalisées par les jeunes et de faire ressortir l’aspect pratique et humain du travail fourni. Avec l’aide de Laurence Bodin, directrice de la médiathèque, Thomas Bidault et l’Espace multimédia ont synthétisé l’ensemble de la démarche dans 15 panneaux de 70 x 110 cm.  Outre son aspect pédagogique, l’exposition est également un outil d’échanges et de rencontre autour du thème du jeu vidéo.

Exposition des aventures de Jack Lapin. 15 panneaux pédagogiques présentant la démarche de l’atelier et l’approche créative autour du jeu vidéo.

Crédits et remerciements

Inauguration Jack Lapin

Inauguration de l’exposition. Toute l’équipe est réunie pour l’occasion.

Cette aventure n’aurait jamais été possible sans l’enthousiasme des élèves de l’I.M.E les Escloses de Mauriac : Kalvin, Luka, Yohan, Justine, Alexis R.,Jérémy M., Camille, Alexis B., Maxime, Thibaut, Marine, Jérémy C., Samuel, Salomée, Bryan, Sofiane, Baptiste, Mathis, Théo, Clara, Sacha, Mélodie, Louane, Jordan, Mathieu, Esteban, Léa, accompagnés de leurs enseignants : Vanessa B., Adrien A., Christophe K., Alexis M.

Le travail graphique a été guidé et finalisé par Thomas BIDAULT, graphiste et illustrateur.

Le travail de programmation a été guidé et finalisé par Vincent POYET, animateur de l’Espace Culturel Multimédia du Pays de Mauriac.

La bande-son du jeu a été créée par le groupe KAFKA, dans le cadre d’une résidence sur la Communauté de communes du Pays de Mauriac du 27 au 31 janvier 2020.

 

Cet atelier a été réalisé dans le cadre du P.E.C.L. 2018-2019 de la Communauté de communes du Pays de Mauriac avec le soutien de la D.R.A.C. Auvergne-Rhône -Alpes.

 

 

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